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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 14:30

Mise à jour : Une carte détaillée de la rivière.

Descente en solo de la rivière l'Allier et du fleuve la Loire 

 

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catégorie I
Parcours Apremont sur Allier - Pouilly sur Loire
Distance 50kms
Canoë Gonflable KKC335

 

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  les photos s'agrandissent en cliquant

 

 

Installé sur les rives de l'Allier à la frontière de la Bourgogne et du Berry, le village d'Apremont-sur-Allier, avec ses maisons en grès dorés et son château, sera mon point de départ. Idéalement situé en amont il va me permettre de m'échauffer un peu avant le mariage des eaux de la Loire et de l'Allier. Ayant quelque peu forcé le rythme sur la descente de L'Aube, je décide ici de prendre tout mon temps, mais à peine éloigné de la berge je constate que le canoë est déjà en sous-pression. Heureusement trois petites îles sont déjà en vue et je vais pouvoir checker facilement le problème: le joint sur le bouchon d'une des deux chambres n'est pas bien en place et … ça fuit! Je remets tout en ordre et une fois les 1,50 PSI de pression atteints, j'embarque rassuré. Un grondement d'eau annonce au loin le Barrage de l'Ecluse des Lorrains. Le passage se fait rive droite sur le derniers tiers du barrage avec repérage au préalable depuis la petite plateforme en extrémité de l'ouvrage. J'aperçois ici les premières sternes, mouettes, cormorans, gravelots et aigrettes. Les milieux naturels du Bec d'Allier : bancs de sable, forêt alluviale, prairies et landes accueillent une grande diversité animale et végétale. J'y fais quelques photos et repars en direction d'un pont de chemin de fer dont les sept arches paraissent démesurées. Le passage se fait cette fois-ci entre les deux premières piles sur la gauche. Ici un choix s'impose : l'Allier se sépare en deux bras… soit vous longez la berge chérienne, soit vous vous déportez à droite de l'île et vous longez la rive nivernaise. L'île est tellement longue qu'on en oublie que c'est une île. Passée son extremité, un petit banc de sable accueille le canoë et me permet de contempler l'ouvrage pharaonique qui est en aval : un pont-canal de douze arches enjambe l'Allier sur plus de 300 mètres. Il date de 1838 et permet maintenant aux plaisanciers du canal latéral à la Loire de rallier Digoin à Briare. Quand je vois la largeur de la rivière à cet endroit je me demande ce qui m'attend sur le fleuve. Je m'approche prudemment par la rive gauche car les ponts anciens de la Loire sont suivis d'une "marche" de plusieurs mètres de haut et je souhaite vérifier que je ne risque pas de tomber dans les roches ou les troncs.

 

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Et… génial!  sous la première arche se trouve une passe à poissons tellement vaste que les dauphins ou les lamantins pourraient passer. C'est une succession de 4 grands bassins qui se déversent les uns dans les autres. Un passage de rêve pour les canoës: je me prends pour Tony Estanguet à Londres, je franchis les paliers avec succès et salue mon public en sortie . Cette rivière me plait vraiment. Moins de 300 mètres plus loin c'est le pont moderne de la D976 qui étale sa laideur, contraste frappant avec le précédent. Ici commence le Bec d'Allier : la rivière se sépare en plusieurs bras et forme des chapelets de petites îles sablonneuses qui servent d'abris aux nombreux oiseaux. Je m'enfonce dans ce labyrinthe en longeant les dunes de sable qui plongent à pic dans l'eau. Une charmante plage m'accueille pour le lunch, mais l'appel du fleuve me fait repartir rapidement. La rive droite s'ouvre soudainement, il est là ! Dans un premier temps je suis un peu déçu car sa largeur est loin de celle que j'imaginais, mais mon désappointement ne sera que de courte durée. En tournant la tête sur la gauche je vois l'aval du fleuve gonflé et élargi par l'apport de l'Allier  : majestueux! Cela ne ressemble en rien à ce que j'ai pu connaître auparavant. Seul peut-être le souvenir de l'Usumatienta : grosse rivière qui sépare le Mexique du Guatemala que j'avais descendue en pirogue quelques années avant. Plus loin je repère les premières traces de castors sur les branches d'un saule que je croyais avoir été découpées au sécateur dans un premier temps mais qui après une  observation approfondie s'avèrent avoir été sectionnées par des dents bien tranchantes. Une série de déjections sur la pointe du même ilot confirment ma réflexion, et vu la taille des colombins ce n'est pas du castor junior ! Après le passage de l'ile de Marzy la Loire s'élargit encore, l'eau est transparente et le lit sablonneux évoque les fonds marins avec ses stries de sable réguliers et parallèles. Au loin je distingue une barque échouée sur une île et décide de m'arrêter pour prendre quelques photos. L'endroit me plait tellement que je choisis de finir là ma journée de rando et d'y installer le campement. Le fleuve fait près de 200 mètres de large et les levées de la Loire sont recouvertes d'une épaisse forêt, les plages sont interminables et ça grouille de vie sauvage: poissons, rapaces, biches et sangliers s'activent de tous les cotés. De gros nuages blancs traversent tranquillement le ciel offrant une luminosité constamment changeante. Une petite pluie fine en fin d'après midi fera apparaitre un arc en ciel suiv d'un coucher de soleil des plus colorés. Dépaysement total, je pourrais être sur les rives du Zambèze ou sur les îles Andamans. Nuit bercée par le murmure du fleuve.

 

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Réveil avec le soleil et petit déjeuner à rallonge, j'embarque vers 9h avec l'impression que le courant va encore plus vite qu'hier. Il a beaucoup plu sur le massif central ces derniers jours et la Loire gonfle. A 165 m3/secondes le canoë file en direction de Fourchambault, sur la rive droite des joggeurs avancent à la même vitesse que moi. Après le pont une écluse fait la jonction entre le canal latéral et le fleuve. Le village suivant se nomme Marseille les Aubigny, au pied sont amarrés des gabares, embarcations traditionnelles en bois à fond plat et voiles blanches. Vers 13h00 j'accoste sur un spot de rêve: une plage de 400 mètres de long, déserte, avec un magnifique saule pour l'ombre et une dune de sable fin pour la tente. Cerise sur le gâteau, une pile de bois flottés enchevêtrés sèche en plein soleil. En bout de plage un cormoran immobile a déployé ses ailes et réchauffe son plumage, sur l'autre berge un héron pêche. Après un bon repas et un montage de tente, je m'installe derrière la dune avec ma serviette pour un après-midi farniente et bronzage. Au moins six hérons plus tard, à vue de nez car je roupillais... je suis réveillé par des cris de jeunes. Je relève la tête et aperçois une armada d'une vingtaine de canoës remplis d'ados qui se dirigent droit vers moi!! C'est une colonie complète de jeunes Allemands qui descendent la Loire en camp-itinérant. Ca crie d'un bateau à l'autre et si je ne réagis pas rapidement je vais avoir ces 80 gamins sur cette plage et le rêve va se transformer en cauchemar… Ils n'ont vu ni la tente ni le canoë qui sont cachés par le saule, alors d'un coup d'un seul, je me lève, je monte au sommet de la dune et je leur fais coucou. La vue de ce barbu-chevelu-hirsute et à poil va peut-être les faire changer d'avis?… Effet radical! L'embarcation du mono qui n'était plus qu'à une trentaine de mètres de la plage, bifurque soudainement sur la droite. Il hurle un ordre à son armée, je ne comprends pas la langue de Goethe mais j'imagine aisément qu'il s'agit d'un " Tribord touuuuuute!" car les dix-neuf autres bateaux prennent la direction de la prochaine plage en aval. Ouf, la soirée sera calme!

 

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Après une grasse matinée à rallonge, je quitte le camp sur le coup de midi en direction de La Charité-sur-Loire. Le niveau de l'eau monte toujours et le courant s'accélère pour ma plus grande joie. Le fleuve s'élargit aussi et atteint par endroit plus de trois cents mètres. J'assiste à une attaque de mouettes sur un groupe d'oiseaux variés qui se reposaient sur un banc de sable, elles s'attaquent même à quelques hérons pour les chasser, la mouette est vraiment la racaille du fleuve! Une escouade de canards survole le canoë en direction de l'amont. Je fait une pause casse-croûte sur une plage le long d'un bras secondaire avant d'atteindre La Charité dans l'après-midi. Un lieu de baignade (très sale) et aménagé peu avant le vieux pont de la ville, j'en profite pour y faire une escale et glaner quelques infos sur le parcours à venir auprès du loueur de canoë. A partir d'ici et jusqu'à Pouilly-sur-Loire c'est la réserve naturelle du Val de Loire et la réglementation est stricte: CAMPING, BIVOUACS ET FEUX INTERDITS et je vous déconseille vivement de braver l'interdiction car la POLICE veille au grain et inflige de sévères AMENDES aux contrevenants. Ils patrouillent de jour comme de nuit et sauront vous trouver car les petits malins s'arrêtent toujours aux mêmes endroits. De plus votre présence dérange les animaux et abime la flore. Prévoyez donc de quitter suffisamment tôt La Charité-sur-Loire de manière à ressortir de la réserve avant la tombée de la nuit. Celle-ci se termine 500 mètres APRES le pont de Pouilly-sur-Loire. Quelques kilomètres avant Pouilly je passe près d'un groupe de Bernaches du Canada, facilement reconnaissables à leur tête noire et leurs joues blanches. Plus loin, alors que je longe la rive profonde, une bestiole de taille démesurée cherche à s'éloigner de mon canoë au moment où je passe au dessus, le coup de queue est si puissant que l'embarcation en est soulevée!!! Je n'ai rien vu venir mais je distingue une forme qui s'enfuit sous l'eau, ce TRUC fait pas loin de deux mètres de long!!! Trop grand pour être un castor… J'apprendrai le lendemain que c'était un silure, ils peuvent mesurer jusqu'à 2,40 mètres et peser jusqu'à 90 kilos!!!!!!!! Je passe sous le pont vers 18H00 et continue suffisamment pour sortir de la réserve naturelle. Un magnifique coucher de soleil se déroule sous mes yeux, la Loire s'embrase pour clore cette dernière journée de navigation. En me levant pour faire quelques photos je sens une présence sous les branches… Enfin te voila, ça fait trois jours que je te guette! La photo est ratée mais peu importe: je viens de voir mon premier castor. Ce soir il fait tellement doux que je ne monterai pas la tente, une nuit à la belle étoile me fera le plus grand bien.
Je ne le sais pas encore mais c'est la nuit des étoiles filantes. Le feu d'artifice va bientôt débuter.

 

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carte-riv-Loire.jpgCliquer pour agrandir

 

 

 

 

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la Loue02  03-La limpidité de l'eau m'évoque la Loue 

IMG313

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